Philippe Decrauzat : Dedans Dehors
Dans le projet qu’il avait conçu dans le cadre de sa participation au Prix Marcel Duchamp 2022 au Centre Pompidou, à Paris, Philippe Decrauzat avait mis en évidence la complémentarité de ses shaped canvas et de ses films, et insisté sur l’importance de la relation à l’architecture pour celles-là. La présentation de trois shaped canvas sur les trois murs d’un espace plus contraint est l’occasion de repenser cette relation à l’architecture et de déplacer l’accent sur d’autres dimensions de ces œuvres. La peinture placée au centre du mur de face est un labyrinthe circulaire rouge en deux parties, avec une fine ligne blanche au milieu de la surface de toile, et ouvert en son milieu. Sur le côté gauche, c’est un labyrinthe rectangulaire noir avec ligne blanche dont les deux extrémités se rapprochent sans se rejoindre. Sur le mur de droite, la peinture rectangulaire noire avec ligne blanche ressemble à un agencement de vides : un carré central bordé sur tous ses côtés par deux bandes rectangulaires inégales. Dans chacun des cas, on peut y voir soit un plan au sol, soit une représentation de l’espace, le jeu du blanc avec le noir ou le rouge y ajoutant une vibration optique. Les peintures de Philippe Decrauzat sont aux shaped canvas historiques, ceux de Frank Stella en particulier, ce que l’anarchitecture de Gordon Matta-Clark est à l’architecture : une vision traversante. Vu de l’extérieur le shaped canvas rouge agit comme un puissant signal, fusion de l’oculus et du labyrinthe. Cette façon de faire entrer le spectateur dans le tableau, mentalement avec une très forte suggestion physique, n’exclut pas des rapprochements avec l’univers symbolique ou avec le cinéma. Dehors, la vitrine de la galerie produit un intéressant effet de cadre ; dedans, elle projette dans le jardin du Palais Royal l’idée du labyrinthe.
Du 3 avril au 23 mai 2026, Devals, 37-38 Galerie de Montpensier, 75001 Paris

