À la sortie du métro Palais-Royal-Musée du Louvre, place Colette, le Kiosque des noctambules de l’artiste Jean-Michel Othoniel dialogue immédiatement le ton : depuis plus de vingt-cinq ans, ses colliers de perles acidulées font du parvis de la Comédie-Française l’une des portes d’entrée les plus romanesques de Paris. On passe la grille sous un porche, et nous voilà dans un autre monde, à l’ombre des tilleuls bordant les allées du jardin du Palais-Royal où s’épanouissent les massifs de roses.
Il y a quatre ans, Alexandre Devals était le premier à ouvrir une galerie d’art contemporain dans ce merveilleux îlot préservé des regards. « Je savais qu’il n’y avait pas de galerie d’art contemporain ici, mais je voulais simplement me confronter à l’histoire du lieu et à la beauté de son architecture. » Pour imaginer son format, il s’inspire de Pièce Unique, un concept de galerie présentant une seule œuvre en vitrine, fondé en 1989 par Lucio Amelio. Devals en reprend les principes à sa manière : au 37-38 de la galerie de Montpensier, sa galerie-vitrine mouchoir de poche s’est imposée comme un contre-modèle de la méga-galerie. Ne pas se fier à sa taille : à l’abri des arcades, l’écrin accueille de grands artistes institutionnels, tels que Philippe Decrauzat, Susanna Fritscher ou Jenny Holzer, qui y installera, durant Art Basel Paris, ses fragments de textes incisifs sur écrans LED et plaques industrielles. « Tout ce que je montre, c’est ce que je voudrais collectionner », précise celui qui pensait fermer au bout de six mois, mais dont la ligne curatoriale exigeante a rapidement conquis son public.

